Matinée autour des procédés de récolte et post-récolte

30/06/2016

Jeudi 9 juin, nous nous sommes retrouvés avec certains producteurs du réseau de Sembrando Confianza – principalement membres de la ARAC (Association Réseau Agroécologique Paysanne) de Subachoque – pour travailler autour de la conservation et de la qualité des produits.

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L’idée était d’optimiser les procédures de récolte, lavage, emballage et acheminement, afin d’améliorer la qualité des produits lorsqu’ils arrivent chez le client. En effet, un fruit ou un légume, entre le moment de sa récolte par l’agriculteur et le moment de son arrivée au domicile du consommateur, est susceptible de souffrir de nombreux dommages ou manipulations inappropriées : manières de récolter qui ne favorisent pas la bonne conservation du produit, manipulations excessives, déshydratation des végétaux par manque d’emballage, transport mal adapté, etc. Pour ces produits qui ont subi un mauvais traitement, on remarque des plaies ou des chocs qui occasionnent une perte de matière première, de temps et d’argent. Adopter des stratégies simples de bonnes manipulation et conservation permet de limiter considérablement le gâchis.

AAfin de soutenir Sembrando Confianza dans cette session d’amélioration des procédures de récolte et post-récolte, deux experts dans ce domaine nous ont accompagnés volontairement : il s’agit premièrement de Gertrudis Pardo, qui a déjà beaucoup d’expérience dans la démarche de conservation d’aliments du fait de gérer ses propres cultures d’aliments biologiques au Rosal qu’elle valorise grâce à sa boutique à Bogota. « Je suis dans un peu tous les aspects du procédé car je suis celle qui sème, qui cultive, qui vend, celle à qui cela fait mal si on ne la paye pas, et qui doit jeter à la poubelle ce qu’elle n’a pas vendu. », nous explique Gertrudis. DSC00203Quant à l’autre accompagnant venu pour partager ses conseils sur la conservation, il s’agit de Johan Álvarez, chef cuisinier depuis bientôt 20 ans, qui possède un restaurant à la « Colina Campestre ». Il fait partie des mouvements Slow Food et Km. 0, deux organisations qui prônent une consommation de nourriture alternative : lente, propre, et juste. Johan est venu afin de témoigner de son expérience avec les aliments, qu’il faut, selon lui, « traiter comme le bébé le plus précieux. », mais également dans le but de faire connaître les exigences du consommateur. « Un produit endommagé, avec tous les micro-organismes, tous ceux qui commencent à se développer et à attaquer le produit, lorsque finalement il nous arrive au restaurant, il est déjà en mauvaise condition et nous ne pouvons pas l’utiliser. C’est un coût à différents niveaux pour nous ; moi, je paierais pour lui donner une valeur ajoutée, je paierais un peu plus pour qu’une laitue arrive un peu plus propre et en bon état par exemple. ».

D’un autre côté, le producteur a aussi ses propres obligations, définies par l’organisation et la planification de son travail et de sa ferme, et se demande parfois « pourquoi un produit un peu endommagé peut [lui] servir et non au client », comme nous dit Marybel. Les interventions très animées et suscitant beaucoup de participation de Gertrudis et Johan ont donné lieu à des questions et des débats intéressants, tels que si vendre à des restaurants était vraiment le marché objectif de la ARAC, ou bien comment limiter le gaspillage alimentaire si l’exigence du consommateur est élevée, ainsi que comment maintenir les prix fixes à l’année. Nous sommes également arrivés à la conclusion, dans la démarche de chercher à mieux comprendre les exigences du consommateur, qu’il était nécessaire de commencer à intégrer les différents profils de consommateurs et mettre en place un système de représentation des clients afin de favoriser le dialogue, le partage, et l’amélioration de la conservation des produits.

Cette session productive s’est conclue par un délicieux repas participatif sur la base d’une recette élaborée par le chef Johan : des lasagnes crues, déconstruction du fameux plat italien, uniquement à base de légumes crus. Nous nous sommes également régalés d’un « sancocho », plat traditionnel paysan, le tout cuisiné avec des aliments fraîchement récoltés directement à Subachoque. Tous ont été enchantés : les enfants comme les adultes !

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